Un peu d’histoire….

       Le Groupe Spéléologique d’Alsace, d’abord Groupe Spéléologique des Campeurs d’Alsace, répondit dès sa création à une double aspiration, celle de la vie au grand air et celle de l’exploration souterraine. Exploration d’ailleurs souvent aventureuse tant les moyens techniques dont disposaient les pionniers du club avouaient volontiers leurs limites: cordes de mauvaise qualité, éclairage précaire. Mais la foi déplaçait alors des montagnes et les découvertes ne se firent point attendre…

       Quant au champ d’investigations, il fut dès le début double: le Jura sundgauvien d’abord, lieu de prospection privilégié, mais aussi le Doubs, au potentiel plus attrayant pour des explorateurs dont les techniques évoluaient, leur permettant grâce aux échelles métalliques, souples et ultra-légères, et à l’utilisation de lampes frontales plus performantes, l’accès à de nouveaux réseaux, jusque-là peu accessibles.

       Deux ans après la création du GSA, « Sous Terre » n°1, le premier bulletin du club, est publié. Il paraîtra régulièrement jusqu’en 1985, reflétant non seulement la genèse du club et de ses découvertes, mais aussi l’histoire d’une discipline en pleine évolution: la spéléologie.

       1959 est une année charnière. Le GSA, fidèle à ses territoires de prédilection, le Sundgau et le Doubs, étend désormais son champ d’investigations à l’Allemagne, la Suisse et l’Espagne, des camps réguliers en partenariat avec des spéléologues d’Aragon ayant lieu tous les étés.

       Puis vint ce fameux 7 octobre 1962: lors d’une séance de prospection sur la limite sud de la commune de Gonsans, à une vingtaine de kilomètres à l’E-S-E de Besançon, est découvert le gouffre du Leubot, qui devait rapidement devenir par son ampleur « la découverte du GSA ». Avec ses 3775m de développement pour un dénivelé de 215m, il reste encore aujourd’hui, l’un des plus grands réseaux de Franche-Comté.

       Le GSA poursuivit ainsi ses activités, élargissant encore son champ d’exploration aux Alpes Suisses, à la Yougoslavie, aux Iles Canaries et même à l’Irak.

       Puis les activités du club se diversifièrent: elles prirent en compte la formation de nouveaux initiateurs, l’encadrement des adolescents, la participation à l’Inventaire Spéléologique du Doubs, la prospection minière et surtout un projet fédérateur parmi tous, la participation aux exercices du Spéléo Secours Français, qui permit l’implication du GSA dans de nombreux secours en Franche-Comté.

Pourtant, plus proche de nous, il est un siphon, celui de Lucelle, dont les grands « Anciens » du club – Georges Kuster et Jean-Bernard Wahl, Jean-François Brouillard et François Baur, pour ne citer que ceux sans lesquels « Sous Terre » n’aurait jamais vu le jour – cherchèrent en vain à percer le secret. Un secret toujours bien gardé en cette année, puisque le siphon résiste toujours à nos multiples tentatives de pénétration, laissant ainsi une part de rêves aux générations futures…